Une parenthèse émotionnelle 9


La semaine dernière nous avons pris quelques jours de vacances, quelques jours qui s’annonçaient riches en émotions. Nous sommes partis traverser la France en diagonale, comme nous le faisions avant quand mes parents habitaient encore en Normandie, mais pour rendre visite à ma grand mère cette fois, en Bretagne. A 6 dans la voiture, 2500km aller-retour, une expédition.

Je ne l’avais pas vue depuis très longtemps, elle connaissait à peine Poussin et n’avait vu Poussinet qu’en photo. J’avoue que j’avais très peur d’y retourner. Peur de ne pas la retrouver, elle comme je l’avais laissée la dernière fois. Surtout que depuis quelques mois elle ne peut plus marcher. J’avais peur d’être noyée sous l’émotion, d’être prise de chagrin, de ne pas pouvoir cacher mes larmes. Parce que je ne voulais pas pleurer. Je m’étais dit en partant que je ne pleurerais pas puisque si nous allions la voir, c’était que du bonheur. Et puis je n’aime pas pleurer devant les autres, surtout devant mes enfants.

coucher-soleil

Quand nous sommes arrivés (en retard pour changer) Poussin a couru pour être le premier et lui a offert un bouquet de roses. Elle a eu l’air très contente de cette petite attention. Elle l’a été, forcément. Il lui a fait un gros bisous, pour lui c’était quelque chose de voir sa Mémé, de mettre un visage sur la voix qui lui parle de temps en temps au téléphone. Quand elle a vu Poussinet et que je l’ai entendu dire « oh la bonne bouille que tu as toi », j’ai eu beaucoup de mal à retenir ces larmes qui menaçaient de sortir depuis déjà très longtemps rien qu’à l’idée de ces retrouvailles. Et quand je l’ai vue, j’ai continué à ravaler les sanglots qui se coinçaient et se pressaient dans ma gorge et dans mes yeux. La voir ainsi assise dans son fauteuil, un peu plus vieille qu’il y a 6 ans, un peu changée aussi forcément, mais toujours la même finalement, ça a soulevé beaucoup de choses en moi. Un mélange de bonheur et de tristesse. Une envie de la serrer fort dans mes bras et en même temps la peur de lui faire mal.

Nous avons mangé, discuté, ri comme si nous ne nous étions jamais quittés. 4 générations étaient présentes puisque mes parents étaient avec nous.

Quand il a fallu partir, ça n’a pas été facile, d’autant plus que nous ne savons pas quand nous y retournerons. J’ai fait exprès d’oublier les manteaux pour pouvoir y retourner seule et lui faire encore un baiser. Quand nous avons passé le portail et que je l’ai refermé, mon cœur s’est serré comme quand j’étais gamine et que nous rentrions chez nous après les vacances, sans savoir exactement dans combien de temps je reverrai ma Mémé et mon Pépé. Dans la voiture, quand Poussin a dit « je l’aime ma Mémé », j’ai mis mes lunettes de soleil et j’ai essuyé discrètement les larmes qui ont coulées. Depuis je suis restée avec les sanglots qui n’ont pas encore réussis à sortir, cette sensation de trop peu, de trop rapide. Et cette joie de me dire que mes enfants connaissent une de leur deux arrières grands mères, qu’ils lui ont fait un câlin, des bisous, qu’ils ont joué au foot dans le jardin où j’ai moi aussi joué quand j’étais petite, seule ou avec les cousins.

La semaine dernière fut une parenthèse émotionnelle… et je ne m’en suis pas encore remise.

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