En 2006, ta disparition… 6


Il y a quelques mois je te racontais mon début d’année 2006 avec surtout mon accident de voiture qui m’a un peu traumatisée et qui m’a fait réaliser qu’il en a fallu de peu pour que je ne sois plus là pour te raconter tout ça. Il m’a fallu un peu de temps pour pouvoir aborder cette suite, car après réflexion c’est de là, je pense, que viennent mes plus grosses angoisses.

Donc, après mon accident de voiture…

Un mois plus tard à Pâques, j’ai reçu un appel de mes parents. Un soir, assez tard, j’ai de suite compris. J’étais dans les toilettes et je me suis mise à hurler. Mon grand-père était décédé. Ce fut un choc. C’était si soudain. En même temps il a eu la plus belle mort qu’on puisse avoir, son coeur s’est arrêté tout seul alors qu’il riait devant la télé, main dans la main avec ma grand-mère. Mais il était parti… il aurait eu 85 ans le mois suivant.

pepe

Mon Pépé était quelqu’un de très important dans ma vie. Un pilier de mon enfance avec qui j’ai toujours eu une relation privilégiée. Nous étions complices, nous nous comprenions d’un seul regard, nous jouions ensemble, nous parlions beaucoup. Quand mes parents tenaient le bar-tabac quand j’étais petite, il venait me chercher le dimanche, pour la journée. Ils habitaient à côté, puis ils ont décidé de partir en Bretagne à 4h30 de chez nous. Ça a marqué une sorte de rupture, je le voyais moins.

Je l’adorais mon Pépé. Quand il est parti, ça faisait déjà 4 ans que je ne l’avais pas vu. Emportée dans le rythme fou de la fac, puis celui du travail, de l’Amour et enfin récemment mutée à Marseille, je n’avais pas pris le temps d’aller le voir. Je me disais que justement j’avais le temps, ne me doutant pas qu’il n’était malheureusement pas éternel.

Je n’ai pas pu aller à son enterrement, trop loin, trop triste. Je n’en ai pas eu la force.

En fait, je crois que je n’ai pas voulu avoir comme dernière image, lui sur son lit de mort. J’ai préféré garder dans mon esprit nos souvenirs heureux. Seulement je crois que, aujourd’hui encore, je n’ai pas vraiment réussi à lui dire au revoir.

J’ai toujours l’impression qu’il est là, chez lui, dans son atelier à créer ses mini-vitrines ou dans son potager à bichonner ses légumes. J’ai toujours l’impression que je vais entendre sa voix au téléphone quand j’appelle ma grand-mère, qui me dit toujours « nous » quand elle me raconte ses journées.

Je n’ai pas admis qu’il soit parti, c’est peut être pour ça que je n’ai pas parlé de lui chez le naturopathe. Je m’en veux terriblement de ne pas avoir pris le temps d’aller le voir avant. Je m’en veux de ne pas avoir pris le temps d’aller lui dire Adieu.

J’ai pleuré mais je n’en ai pas parlé. Juste un peu à Poulet. Mais pas à ma grand-mère, ni à mon père, pour ne pas leur faire plus de peine qu’ils n’en avaient déjà. Et presque 8 ans après je suis toujours dans le déni de son décès.

En 2006 il y a eu deux gros événements marquants dans ma vie. Ils m’ont fait sortir de mon enveloppe douillette bordée de Bisounours dans laquelle j’avais toujours été enveloppée. Ils m’ont fait voir que la vie peut s’arrêter, qu’elle ne tient qu’à un fil, que tout peut prendre fin, mais on ne sait pas où ni quand. Je pense que j’ai mis tout ça de côté, peut être pour tenter de retrouver un peu d’innocence. Peut être pour me protéger. Mais ça a eu tout l’effet contraire. Ça me torture l’esprit un peu plus chaque jour.

Je pensais avoir peur de la maladie, en fait j’ai peur de la mort.

♡ Je t’Aime Pépé ♡

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6 commentaires sur “En 2006, ta disparition…

  • lorène (outang clang)

    eh ben Poulette :/ la mort d’un proche n’est jamais facile et faire son deuil peu s’avérer trés dur..le fait de ne pas avoir été à sa mise en terre n’aide pas toujours, d’ailleurs, même si je comprends parfaitement les raisons pour lesquelles tu n’y est pas allée :/ j’ai tendance à faire pareil, à préferer garder les belles images…pourtant je suis venue au chevet de mon grand-pére lorsqu’il est décédé (lui aussi, bien entouré, mains dans celles de mes parents, le coeur s’est juste arreté..) et mis à part l’émotion violente de voir son corps sans vie, ça m’a permis de faire le deuil. ce n’est pas moins dur, loin de là, mon grand-pére était aussi un des hommes de ma vie, mais ça aide. je crois aussi que le fait de ne pas avoir vu la personne pendant longtemps avant son décés n’aide pas bcp…on « s’habitue » à l’absence, du coup la disparition totale n’est pas concréte…dur dur :/ en tout cas je te fais de gros bisous et te t’envoie des camions de coeurs et de paillettes, et d’explosions de petits poneys (attention, ça tache, le poney haché ^^) histoire de t’aider moralement à surmonter et aller de l’avant <3 <3

  • Isabelle

    J’ai pas vraiment les bons mots pour que tu fasse ton deuil, on entend tous les jours des truste nouvelles de décès et on passe sans réaction mais ça nous arrive on réalise alors que c’est très difficile de passer le cap même avec le miracle temps ! les séquelles sont là
    Courage

  • Séverine C.

    Très joli message ma chérie. Touchant et nostalgique. Ne t’en fait pas tout le monde ressent à peu près les mêmes choses après la perte d’un être cher, et comme le dis une chanson, « on oublie jamais rien, on vit avec ». Le temps apaise la douleur. Bibi